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COMMUNIQUÉ – Pas de récolte dans le feu 353 : Boisaco déplore une situation perdante...

Dernière mise à jour : 25 avr.


14 nov. 2023 – COMMUNIQUÉ – Pas de récolte dans le feu 353 : Boisaco déplore une situation perdante sur tous les plans


PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE


Pour diffusion immédiate


Sacré-Cœur, le 14 novembre 2023 – Le 8 novembre 2023, après plus de 4 mois de délais de consultation, c’est avec surprise et stupéfaction que le Groupe Boisaco a appris qu’aucune récolte de bois brûlé ne sera autorisée par le Ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) dans le feu 353 qui a ravagé environ 16 700 hectares de forêt cet été au nord du réservoir Pipmuacan, affectant un volume de bois commercial brut d’environ 460 000 m3.


Cette décision pour le moins déconcertante et inusitée va à l’encontre de l’esprit de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier au Québec, particulièrement en regard des dispositions prévues à l’article 60 de cette dernière. Celui-ci stipule qu’en cas de perturbations d’origine naturelle ou anthropique causant une destruction importante de massifs forestiers, le ministre peut préparer un plan d’aménagement spécial en vue d’assurer la récupération des bois et la réalisation des traitements sylvicoles appropriés.


Il nous apparaît important de préciser que dans tous les cas de récoltes de forêts incendiées, il n’est jamais possible de récupérer 100% des superficies affectées. Seules les portions récupérables, c’est-à-dire les superficies qui sont accessibles, dont les arbres sont matures et pas totalement carbonisés, peuvent être récupérées et cela doit être fait avant qu’il n’y ait une trop grande dégradation de la fibre. Dans le cas du feu 353, sur les 16 700 hectares incendiés, seuls 20% environ de la superficie, soit 3500 hectares, étaient récupérables, ce qui représente une intervention très limitée. Cela se serait malgré tout traduit par la récupération d’un important volume d’environ 350 000 m3 de bois (l’équivalent de près de 9000 voyages de camion à billots !), ce qui n’est vraiment pas négligeable.


De notre point de vue, ne pas récolter ce bois brûlé nous apparaît comme un non-sens sur tous les plans, que ce soit au niveau de la biodiversité, du développement durable des communautés ou encore des changements climatiques. Lors de sa dégradation, le bois relâche du CO2 dans l’atmosphère, alors que ce dernier aurait pu être stocké dans divers matériaux. Si l’on considère que 1 m3 de bois stocke 1 tonne d’équivalent CO2, le calcul des possibilités de stockage de carbone par la récupération de 350 000 m3 de bois est vite fait. La récolte des superficies récupérables aurait également permis de les rendre accessibles et de les débarrasser des arbres morts, permettant ainsi d’y effectuer des travaux sylvicoles qui auraient assuré une régénération plus rapide. Au lieu de cela, les phénomènes de chablis et d’enfeuillement qui caractériseront les superficies non-récupérées, retarderont de plusieurs décennies l’établissement d’un peuplement forestier digne de ce nom. Cette situation est défavorable à certains aspects de la biodiversité, particulièrement au caribou forestier qui est présent dans le territoire touché par le feu 353. D’autre part, cette décision n’aidera en rien les possibilités forestières car ce volume non récupéré va forcer la récolte d’un volume de bois équivalent issu de forêt vivante pour l’approvisionnement normal des usines… Quel gaspillage de ressource !


Dans un contexte où un record historique d’émissions de CO2 a été atteint en 2022 et que les chiffres s’annoncent mauvais pour 2023, pouvons-nous réellement nous permettre en tant que société de prendre de telles décisions ? Chose certaine, cette décision ignore scandaleusement les bienfaits réels de la foresterie. Elle lève le voile sur notre incapacité, en tant que société, à cultiver et développer une vision juste, raisonnée et concertée de la foresterie, pourtant un outil de prédilection pour renforcer le rôle de nos forêts à stocker du carbone.


Les feux de forêt de cet été ont relancé le débat sur l’aménagement forestier comme outil de lutte contre les changements climatiques. De nombreuses voix d’experts, auxquelles se joint Boisaco, s’élèvent pour affirmer que l’aménagement forestier est incontournable pour favoriser la résilience des forêts. La forêt boréale canadienne est émettrice de carbone depuis 2001 en raison des feux de forêt, des chablis et des épidémies d’insectes. Or en aménageant la forêt de manière durable, il est possible de limiter les impacts de ces catastrophes naturelles en plus de favoriser la régénération rapide d’une forêt saine. En bout de ligne, un aménagement adéquat aide la forêt boréale à optimiser le cycle de captation de CO2 par l’accélération de la croissance d’arbres sains.


Le Groupe Boisaco n’est pas une simple entreprise forestière… C’est une communauté de travailleur·euses et citoyen·nes à part entière, qui déplore que des décisions aussi cruciales se prennent sans réelle consultation et sans tenir compte des impacts risquant de compromettre sérieusement et à long terme la vitalité de notre milieu. Cette situation nous inquiète d’autant plus que le secteur forestier québécois se trouve à la croisée des chemins. Les citoyen·nes de la Haute-Côte-Nord sont attaché·es à leur territoire, à leur forêt et ont toutes et tous à cœur de la voir prospérer. Elle est un pan essentiel de notre culture. Elle représente plus que notre travail… Elle est notre milieu de vie… Elle est notre passé, notre présent et notre avenir collectif.

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